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de la richesse

Ce matin en servant un Tropicana à ma fleur, j'ai repensé à ma mère. Elle a toujours rajouté de l'eau au Tropicana pour le consommer moins rapidement (parce que c'est cher nous disait elle) et j'ai gardé cette habitude (je trouve le Tropicana sans eau trop épais)

Je me rappelle aussi que nous nous lavions les dents à l'eau froide et qu'une fois chez une amie j'avais été très très étonnée qu'elle puisse le faire à l'eau chaude.

Je me rappelle de l'unique paire de chaussures que nous achetions pour la saison.

Je me rappelle des menus enfants pris au restaurant parfois même après 12 ans.

 

Je ne viens pas d'une famille riche.

Mais, mon père gagnait très bien sa vie. Nous vivions donc dans une belle maison, dans une belle ville de banlieue. Nous avions un jardin, nous partions au ski l'hiver et au bord de la mer en été. J'ai été dans une école privée du collège au lycée.

Mais nous étions quatre enfants. Et mon père était un flambeur. Alors ma mère passait sa vie à faire des économies de bout de chandelle.

Comme diraient mes frères, "tu as toujours aimé ce qui brille". C'est sûrement vrai même si je n'en ai pas vraiment conscience. J'ai étudié, fait une école de commerce et trouvé un bon job. J'ai bossé, grimpé les échelons pour gagner un bon salaire.

Avant de rencontrer chéri, je sortais déjà avec des mecs qui avaient de l'argent, ou l'ambition d'en avoir. Pas consciemment bien sûr (je ne suis pas une croqueuse de diamants) mais lorsque je fais mon bilan amoureux c'est exactement cela.

Chéri et moi sommes riches (d'après les études sur la population française et leurs salaires). Jusqu'à peu je bossais et gagnais très très bien ma vie. Chéri gagne très très très très bien sa vie. Nous avons du patrimoine (notre appart) et chéri récupérera à terme le très beau patrimoine de ses parents.

Alors oui nous sommes riches.

Et pourtant je mets toujours de l'eau dans le Tropicana de mes enfants. Nous éteignons les lumières et je surveille de près le chauffage. Pas de gâchis non plus alimentaire. Pas d'excès d'ailleurs. Je leur achète une paire de chaussures par saison (une autre parfois si vraiment elles deviennent trop petites).

Et surtout je passe ma vie à dire à mes enfants qu'ils ont de la chance, que la vie est chère, qu'il faut travailler et faire attention, que tout le monde n'a pas la chance d'avoir une maison comme la notre, de partir en vacances, de manger des fruits et légumes tous les jours...

L'autre jour alors que nous venions d'installer le sapin, mes filles jouaient en dessous et se racontaient: "on disait que nous étions pauvres et que nous dormions dehors sous un sapin" (oui y'a un problème de syntaxe) (et oui je suis pas sûre que mon éducation soit concluante)

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Il y a un an, rien

Il y a deux ans, je parlais de mes relations compliquées avec mon père

Il y a trois ans, je vous parlais des micro évènements de ma vie

Il y a quatre ans, ma petite vie continuait

Il y a cinq ans, j'apréhendais un déjeuner avec mon père

 

 

 

 

Commentaires

  • Ca me rappelle beaucoup de souvenirs :) Ma famille est modeste, maman coupait aussi le jus de fruit avec de l'eau, on récupérait les habites des autres, on découpait les tubes de crèmes et de dentifrice pour racler le fond... Aujourd'hui je suis sous le seuil de pauvreté malgré mon bac +5 mais je ne fais plus tout cela, mon luxe à moi c'est de ne pas faire attention aux gestes du quotidien, en revanche je me nourris essentiellement de pâtes, mais ça ne me dérange pas.

  • Dans ma famille, nous n'étions pas non plus à plaindre mais z'hom reste choqué des petites parts que sert ma mère à table. On a jamais eu faim pour autant. Mais les parts sont plus généreuses dans la famille de mon mari et pourtant eux ont toujours eu besoin de compter le moindre sous pour joindre les 2 bouts.

    Quand à la transmission des valeurs, il y a effectivement parfois des loupées, j'ai allaité, portée mes enfants, j'essaye de les élever de façon respectueuse, sans punitions ni physique ni autre. Au final ma puce ne reproduit rien de tout cela avec ses poupées. Bon il n'y a quand même pas trop de fessée mais elles vont au coin et elle a réussi à se faire contaminer par les idées reçues "je vais me casser le dos si je dois la porter je préfère la poussette"!

  • Je le trouve très joli cet article vois-tu.
    Et concernant l'éducation que tu donnes à tes enfants, rassure toi, ils aiment tous la tragédie même ceux qui ne mettent pas d'eau dans leur tropicana ! Longtemps Andréa et Léo jouaient au choix : "aux enfants pauvres", "à l'orphelinat" et "à l'inondation" :D

  • Très beau ce que vous écrivez. Vous avez de vraies valeurs, et le fait d'être riche ne veut pas dire qu'on renonce à ces valeurs... même si certains les oublient. Et j'adore votre blog!

  • elles ont raison tes puces, au final on rêve toujours qu'une vie qu'on a pas, je trouve ça bien plus beau qu'elle pense à ce qui peut se passer "en dessous" d'elle plutôt que rêver à une quelconque autre richesse... je pense qu'au contraire tu leur transmets les réalités de la vie...

  • (les fautes..., c'est affreux le dimanche, pardon)

  • @Aourell: :-)

    @Mamzelle Carneto: les deux sûrement!

    @cleanette: j'admire les mamans qui arrivent à ne pas crier et ne pas donner de fessées

    @loréal: :-))

    @stéphanie: oh merci c'est gentil!

    @Funny Help: elles rêvent d'être princesses aussi :-)
    (et pour les fautes c'est pas moi qui vais te dire quoi que ce soit)

  • Le rapport à l'argent, c'est compliqué. Mon père a passé sa vie à me répéter à quel point j'avais de la chance, j'ai fini par penser que c'était mal et j'ai toujours eu envie de lui hurler "mais ce n'est pas de ma faute si tu as de l'argent !!!". Si on élève nos enfants avec des valeurs saines, je crois qu'ils comprennent cela très bien tout seuls, attention à ne pas les culpabiliser.
    Dans d'autres familles, c'est l'inverse, on passe son temps à dire que "papa est racké", j'entends ça tout le temps, et là encore, tant qu'ils sont à un âge "innocent", les enfants n'ont pas à entendre ce genre de chose.
    Et ici aussi, mes filles jouent tjs aux pauvrettes orphelines et sans le sou !!

  • Si tu savais les jeux auxquels j'ai joué au primaire, parfois c'était à la limite du politiquement correct.

    La richesse, c'est vraiment quelquechose de relatif. On m'a longtemps traité de "bourge" (parce que je vivais dans une maison, que je partais en vacances, etc.), j'en ai parfois eu honte (jamais bossé l'été, etc.) mais j'ai toujours su la valeur de l'argent, ayant un grand père ouvrier qui a aidé mon père à arriver à atteindre son statut actuel, j'en ai même parfois culpabilisé de dépenser (encore maintenant d'ailleurs).

    Maintenant je fais partie des CSP+ mais je sais que comme toi j'expliquerai à mes enfants que l'argent ça se gagne et que ça ne se gaspille pas.

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