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  • Savoir faire semblant

    Il y a cette copine connaissance (même plus envie de l'appeler amie) qui a toujours été jalouse de ma relation avec elle.

    Au moment de la maladie, cela a pris des proportions énormes. Je n'étais pas présente physiquement les 2 premiers mois (avec les enfants hors de Paris) et elle oui.

    Ensuite je suis revenue et j'ai repris ma place naturelle auprès d'elle. Celle d'amie, de soutien, de confidente, de copine de rigolade, de soeur.

    Evidemment l'autre le vivait mal, essayait de pousser les murs. En enguelant l'équipe médicale, en lui parlant en permanence de sa maladie, en lui proposant même de se raser les cheveux pour être comme elle.... Bref elle pêtait un plomb.

    Mon amie a flippé et a mis de la distance En vraie gentille elle lui a dit que c'était pour la préserver, qu'elle voyait bien qu'elle souffrait trop.

    A moi, elle me disait que cette nana était folle et qu'elle lui rappelait en permanence qu'elle était malade...

     

    Depuis qu'elle est partie, mes relations avec l'autre sont devenues compliquées. Elle cherche auprès de moi un réconfort que je suis incapable de lui donner, elle voudrait partager sa douleur (mais j'ai la peine égoïste) et puis surtout elle continue à être en dehors des réalité.

    Je la laissais faire, s'imaginer qu'elle était sa meilleure amie, s'imaginer qu'elle lui avait été d'une grande aide, s'imaginer qu'elle l'avait préservée et non qu'elle ne la supportait plus.

    Jusqu'à ce que j'apprenne qu'elle racontait à tout le monde des choses que lui avait confié le mari et la maman de mon amie. Des choses intimes, sur leur deuil, les difficultés relationnelles avec la belle famille, sur leur doute face à cett disparition.

    Là c'est moi qui est pêté un cable. Je sais que mon amie aurait été furieuse, elle si discrète dans sa maladie.

    Explosion de messages, explosion de vérité en tout genre...

    Et puis le calme, l'envie de comprendre l'autre, et l'hypocrisie....

     

    Celle de faire comme si nous nous étions réconciliées. Comme si ce qu'elle m'avait dit et ce que je lui avais dit n'avait pas d'importance...

    Cela me convient. J'aime ça, l'idée de faire semblant.

    Voilà, la vie reprend ses droits: Tout va bien, je suis heureuse et j'ai des amies formidables

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    Il y a un an, j'étais au ski (et thanks god j'y pars à la fin de la semaine)

    Il y a deux ans, au ski aussi

    Il y a trois ans, ma madeleine de Proust s'était mon chewing gum

    Il y a quatre ans, ski encore

    Il y a cinq ans, je vous parlais de cette vidéo hallucinante de Berlusconi (un bon moment de rire)

    Il y a six ans, je vous parlais de mes lectures inavouables

    Il y a sept ans, je m'étais enguelée avec celle qui n'est plus là aujourd'hui et nous avions réglé nos soucis

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Qui est égoïste?

    Je crois que je suis une vraie naïve.

    Je sais que certaines personnes sont comme ça mais je m'en étonne toujours.

     

    Mes beaux parents par exemple (quoi cela vous étonne que j'en parle?):

    La semaine du décés de mon amie, chéri les a évidemment prévenus (ils la connaissaient bien, amie de longue date de chéri, locataire d'un de leurs appartements un moment, témoin à notre mariage, marraine de ma fleur) et je n'ai pas reçu un appel de réconfort (ou même un sms).

    Nous devions aller à la crémation le samedi matin. L'enterrement était la veille mais les enfants étaient prévus.

    Pour la crémation il en était hors de question.

    J'ai proposé à chéri de demander à ses parents si ils pouvaient venir garder les enfants 2h le matin.

    Leur réponse a été texto: "ah ben non on peut pas, on voulait partir à la campagne vendredi matin"

    La campagne donc, à 1h de Paris, la campagne où il pouvait partir éventuellement le samedi midi.

    Alors qu'ils rentraient de 15 jours aux Caraïbes, alors que c'était aussi l'occasion de voir leurs petits enfants, alors qu'on leur demande jamais rien, alors que bon la semaine était difficile émotionnellement, alors que c'était juste nous faciliter les choses...

    Oh évidemment, ils ont rajouté: " mais si vraiment vous trouvez personne, on décalera" (ben c'est vrai qu'ils sont gentils, on va se faire chier à demander à toute la  terre, mais eux sont prêt quand même à nous aider, mais sans éviter le stress de la recherche)

     

    Voilà... J'ai des beaux parents formidables.

     

    Ma belle soeur (ça vous étonne aussi?):

    Proche d'une certaine manière de mon amie (je me rappelle dun week-end où elle lui avait remontée le moral quand ma belle soeur s'était fait plaquer par son mari, lls étaient pas mariés à l'époque)....

    Bon elle m'a envoyée un SMS. Par contre je l'ai pas vu le vendredi à la messe.... Dingue je trouve....

     

    Je pourrais aussi vous parler de ma mère qui m'a appelée mais n'est pas venu non plus à la messe...

     

    Je suis sidérée par tant d'égoïsme...

     

    Ou alors je récolte ce que j'ai semé. Mes enguelades avec mon beau père, mon comportement avec ma mère....

     

    Moi si j'étais morte à 39 ans, qui aurait été là finalement?

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    Il y a un an, je m'apprêtais à partir au ski

    Il y a deux ans, je me posais des tas de questions sur la nécessité de travailler

    Il y a trois ans, rien

    Il y a quatre ans, le début de l'année commencait mal

    Il y a cinq ans, je vous parlais des OGM

    Il y a six ans, chéri me faisait rire

     

     

     

     

     

  • Epuisée

    7 mois de maladie, même par procuration

    1 hiver qui n'est pas encore fini

    Des malades autour de nous (et nous miraculeusement pas encore touchés)

    Et des week end bloqués à Paris sans campagne

     

    Voilà, je nous sommes épuisés...

     

    15 jours avant les vacances et je compte les jours....

    Une semaine au ski.

    Le dernier au Piou Piou avec donc la possibilité de skier en amoureux.

    Et j'espère ensuite une semaine à la campagne tranquille avec les enfants.

     

    15 jours, allez plus que 15 jours

     

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    Il y a un an, je parlais du made in France

    Il y a deux ans, week-end de bêtes

    Il y a trois ans, je parlais budget anniversaire

    Il y a quatre ans, il faisait beau

    Il y a cinq ans, je râlais contre la Saint Valentin

    Il y a six ans, Saint Valentin aussi

    Il y a sept ans, et encore  Saint Valentin

     

     

     

     

     

     

     

  • Si vite

    Je crois que ce qui m'a le plus marquée dans sa disparition, c'est la vitesse à laquelle cela a été.

     

    On a toutes en tête une angoisse montante quand on prend l'avion, quand on frôle un accident de voiture ou de piétons. Mais cela aurait été vite.

    Cela n'enlève pas la peur de disparaître, la peur de laisser les siens, mais je me suis toujours dit que j'aurais pas eu le temps de réfléchir à quoi que ce soit.

     

    La maladie, c'est très différent.

    On apprend son état, on décide de se battre, on y va, et on espère que cela dure le plus longtemps possible.

     

    Elle qui s'était remise à prier, me disait qu'elle ne demandait pas à guérir (elle était lucide), elle demandait du temps.

    Mais du temps, finalement elle n'en a pas eu. Pas une seconde de répit en 7 mois. Des soins intensifs, des opérations, des chimios, des examens, des urgences.

    On a eu le temps de rien. Nous n'irons pas chez Ikéa acheter des conneries, elle ne viendra pas à la campagne cet été avec ses enfants, elle ne choisira pas cette robe de demoiselle d'honneur qu'elle voulait que je porte pour son mariage religieux...

     

    Tout a été trop vite.

    Et cela me terrorise.... Moi qui croyais en ma bonne étoile, je suis pétrifiée à l'idée que la maladie me tombe dessus. Je regarde mes enfants et je prie pour les voir devenir adultes. Je flippe à chaque défaillances de mon corps.

    J'ai peur, très peur....

     

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  • Bad luck

    Il y a un an, une amie m'avait parlée de cette tradition du sud qui voulait que à la chandeleur, la première crêpe soit lancée avec une pièce d'or (ou objet de valeur) dans une main puis rangée sur une armoire ou dans une cheminée jusqu'à l'année suivante pour porter chance.

    Je l'avais fait, rangée dans du papier dans le tiroir supérieur de notre poële.

    Bon on ne peut pas dire que cela nous ait porté chance.... ou pas d'ailleurs. Je suis en bonne santé, et mes enfants et mon mari ont été préservés.

     

    Samedi après une semaine de merde, après cette messe longue et difficile vendredi, après cette crémation paradoxalement joyeuse et pleine d'amour le samedi matin, j'ai trouvé la force de faire des crêpes pour le goûter.

    J'ai fait sauté la première crêpe et je l'ai rangé à la place de l'autre (qui était séche mais intacte) dans le poële.

     

    Et puis ma fleur a éclaté en sanglots en me disant que cela portait malheur en fait....

     

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    Il y a un an, rien

    Il y a deux ans, je me mettais au défi du no shopping month (ce qui est devenu une façon de vivre pour moi, vu que bon je dépense plus rien)

    Il y a trois ans, je vous parlais de mes filles

    Il y a quatre ans, les paradoxes de la vie de couple

    Il y a cinq ans, je préparais aussi la chandeleur

    Il y a six ans, rien d'intéressant